Des écoliers apprennent à greffer pour sauver le dernier abricotier de Morey Saint Denis. Bourgogne (Fr). Année scolaire 2018-2019.   Mise à jour récente !


Vendredi 21 septembre 2018, les écoliers des niveaux CE2- CM1 et CM2 du regroupement pédagogique intercommunal de Morey Saint Denis – Chambolle – Musigny de la classe de Madame Carole CLEMENT, ont appris à greffer des abricotiers afin de tenter de sauver la variété locale.

La classe des écoliers de CE2 - CM1 - CM2 de Madame Carole CLEMENT. Vendredi 21 septembre 2018. Greffage de l'abricotier de Morey Saint Denis. Photo François BAILLY.

L’intervention en classe s’est déroulée en deux temps :
Jean-Noël CABASSY, membre de l’ONGE Forestiers du Monde® a présenté les fondamentaux de physiologie végétale avec la découverte des modalités de circulation des sèves brute (cellules de l’aubier) et élaborée (cellules du liber) sans oublier les cellules du cambium qui forment le bois neuf et l’écorce, le tout soutenu verticalement par le bois de cœur ou duramen, l’ensemble étant protégé par les cellules externes qui composent l’écorce.

Jean-Noël CABASSY de l'ONGE Forestiers du Monde® présente la physiologie végétale de l'arbre aux écopliers de Morey Saint Denis. Vendredi 21 septembre 2018. Photo François BAILLY.

Les écoliers ont pu observer les différents vaisseaux conducteurs des sèves brutes et élaborées à partir d’un tronc présentant des coupes transversales et longitudinales.

Jean-Noël CABASSY de l'ONGE Forestiers du Monde® présente les vaisseaux conducteurs des sèves. vendredi 21 septembre 2018.

Puis Michel BELIN a présenté les raisons de la greffe, seule technique capable d’assurer en arboriculture une production de fruits dont les qualités issues de la sélection par l’homme seront conservées, la fructification naturelle issue de la fécondation sexuée donnant pour sa part naissance à des fruits dont les qualités sont transmises par les deux parents.

Michel BELIN explique l'intérêt de la greffe aux écoliers de Morey Saint Denis. Vendredi 21 septembre 2018.

 

Enfin, après une démonstration de greffe à l’anglaise (le porte-greffe et le greffon ont le même diamètre), les écoliers ont été invités à greffer à leur tour les porte-greffes de prunier myrobolan avec les greffons prélevés par Mr le Maire Gérard TARDY sur le dernier abricotier de la commune de Morey Saint Denis.

Michel BELIN explique la technique de greffe. vendredi 21 septembre 2018. Ecole de Morey Saint Denis.

Pour réussir une greffe, il faut prendre des précautions: Les coupes d’assemblages doivent être précises (matériel bien affuté et gestes nets et précis). Le porte greffe doit être en sève et en bonne santé. Enfin, le greffon sera issu d’une pousse vigoureuse conservée au frais jusqu’au moment de la greffe.

Michel BELIN présente la technique de greffe. Vendredi 21 septembre 2018. Photo François BAILLY.

Les écoliers, en petits groupes, mettent en pratique la technique de greffe présentée par Michel BELIN.

Les écoliers appliquent la technique de greffe présentée par Michel BELIN. Jean-Noël CABASSY de l'ONGE Forestiers du Monde® s'assure que la greffe est bien réalisée. Vendredi 21 septembre 2018.

Les plants greffés sont conservés par Mr le Maire qui recherchera avec les écoliers des familles disposant d’un jardin clos intéressées et motivées pour assurer leur protection et leur développement. Cette opération de greffage sera reconduite sur plusieurs années afin de multiplier cette espèce fruitière locale et assurer ainsi sa pérennité.

Les greffes sont terminées. Ve,ndredi 21 septembre 2018.
Mr François BAILLY, correspondant du journal « Le Bien public » était présent lors de cette animation pédagogique afin d’assurer la couverture médiatique et tracer pour l’Histoire cette nouvelle tentative de sauvegarde de la variété locale d’abricotier (abricotier de Morey Saint Denis).

Vous trouverez ici l’article publié dans l’édition du 8 octobre 2018 du journal Le Bien Public.

Rappelons ici l’historique de ce projet de conservation de variétés domestiques anciennes.
En mai 2011, Mr Gérard TARDY, Maire de Morey Saint Denis, conviait sur le terrain Messieurs Michel BELIN, co-fondateur des Croqueurs de pommes, Bernard LECLERCQ, Référent «Écologie forestière » de Forestiers du Monde® et Jean-Noël CABASSY, co-fondateur de l’ONGE Forestiers du Monde® afin d’évoquer la création d’un verger conservatoire avec les écoliers du Regroupement Pédagogique Intercommunal de Chambolle Musigny Morey.
Une enquête fut menée auprès des villageois afin de recenser les espèces fruitières présentes dans les jardins privatifs, de connaître les noms de ces variétés et envisager de les greffer sur des porte-greffes. Une attention particulière fut portée sur les espèces locales « sans nom » qui seront greffées en priorité.
Lors de cette enquête, nous apprenions qu’il ne restait qu’un seul vieil abricotier sur la commune, dernier descendant encore vivant d’une variété très locale.
Le projet sera réalisé l’année scolaire 2011-2012 sur un terrain communal d’une surface de 2200 m² en face de la création forestière pédagogique biodiverse de Morey Saint Denis.
Au sein du futur verger communal, sur la largeur, ont été disposées 2 bandes espacées de 5 m les unes des autres. Dans la bande, les plants sont espacés de 10 m les uns des autres. La pose des tuteurs fut effectuée par les écoliers préalablement à la plantation pour ne pas blesser les racines des plants. Les écoliers ont planté avec une pioche forestière.
22 plants ont ainsi mis en terre à terme par les écoliers au cours de l’année scolaire 2011-2012. Tous les plants greffés auront été acquis auprès de la Ferme de Sainte Marthe (fermedesaintemarthe.com) spécialisée dans les variétés anciennes.
Les plants ont été identifiés individuellement (repérage précis sur le plan du verger) pour permettre de conserver le nom de la variété.
S’agissant d’un verger communal, une formation sera dispensée à l’employé communal afin qu’il soit en mesure de limiter la concurrence herbacée dans le verger (paillage ou binage au pied des arbres en veillant à éviter toute blessure au pied) et fauche automnale du reste de la végétation (une fauche automnale sera propice au développement de la biodiversité sauvage) les premières années. Aucun produit chimique ne sera employé pour assurer que les arbres et les fruits soient issus d’une production d’arboriculture biologique.
Lutter contre l’érosion de la biodiversité signifie tout à la fois préserver la biodiversité sauvage à l’origine de toutes les espèces végétales mais aussi préserver la biodiversité domestique, fruit de la sélection séculaire opérée par l’homme afin d’obtenir des légumes et des fruits de grandes qualités gastronomiques et gustatives.

Nous tenons à remercier Madame Carole CLEMENT, Mr le Maire Gérard TARDY, Michel BELIN et félicitons les écoliers !

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