Myopathie atypique équine et érable sycomore. Une maladie encore mal connue qui peut terrasser des équidés (chevaux, ânes, zèbres).


La myopathie atypique équine est une maladie encore mal connue qui terrasse les équidés d’Europe de l’Ouest.
 
Quels sont les signes sur l’animal ? Un matin, le propriétaire trouve un de ses équidés couché ou tenant à peine debout et affichant des signes de souffrance : abattement, perte d’appétit, signes de colique, raideur voire boiterie.
cliniqueGrosbois
 
L’animal peut être atteint par la Myopathie atypique équine. La maladie se caractérise par une dégénérescence sévère de groupes musculaires, tels que les muscles impliqués dans la posture, la respiration ou encore le muscle cardiaque.
 
DEPLIANT_MYOPATHIE_ATYPIQUE-page-001
 
Cela entraîne les problèmes locomoteurs, les difficultés respiratoires et des pathologies cardiaques. Aucun antidote de la toxine n’existe actuellement. Si le vétérinaire est appelé très vite, il administre à l’animal un cocktail de vitamines, d’antioxydants et de carnitine qui soutiennent la fonction musculaire et le métabolisme énergétique.
 
DEPLIANT_MYOPATHIE_ATYPIQUE-page-005
 
Malheureusement, le traitement ne fonctionne que très rarement et 75% des équidés décèdent dans les 72 heures car ils ne peuvent plus respirer correctement. Sans traitement, la mort intervient dans les 24 heures. Parfois, l’équidé est découvert mort alors que tout allait bien la veille.
 
L’érable sycomore serait à l’origine de cette maladie qui résulte de la présence récente d’une toxine naturelle, l’hypoglycine A, dans ses graines et ses plantules. Ingurgitée par l’animal, la toxine se transforme en poison.
 
montage-sycomore-1024x256-1000x250
 
Et la myopathie atypique équine gagne l’Europe de l’Ouest. Ainsi, entre la Wallonie belge, le Nord et le Nord-Est de la France, 290 équidés sont morts à l’automne 2018 et 90 au printemps 2019.
 
carto-cas-myopathie
 
Il y a deux saisons d’infection: en octobre-novembre, les graines chutent et sont dispersées par le vent. En février-mars, lors de la levée de la dormance des graines, il y a danger: la plantule qui sort de la graine est tout aussi toxique. Et les équidés ne font pas la différence avec un brin d’herbe.
 
Fiche-descriptive-Acer-pseudoplatanus-Flore-forestière-française
 
A l’automne 2016, 181 cas avaient été répertoriés par le Réseau d’Epidémio-Surveillance en Pathologie Équine (ou RESPE) en France. Toutefois, on estime que cela ne représente que 15 à 20 % des cas réels ! Il y aurait donc environ 900 à 1200 cas en France à l’automne tous les ans !
 
L’érable sycomore est il seul en cause ? « On n’en sait rien ! » comme le rappelle Louis PIANET, forestier de formation et de profession, responsable d’une brigade à cheval pendant dix ans et bénévole à Météo-France depuis quarante ans, dans une interview donnée à l’Est Républicain, en juillet 2019. Louis rappelle qu’Il existe trois sortes d’érables dans la région septentrionale de l’Europe: Le Champêtre, le Plane et le Sycomore. Mais pourquoi la toxicité de ce dernier n’est-elle révélée que depuis quelques années ? Les anciens qui ont conduit des chevaux connaissent la dangerosité de l’if. Ils savaient à peine marcher qu’ils faisaient déjà la différence entre un if et un sapin. Mais personne n’avait jamais entendu parler de la toxicité des érables sycomores» (…)
 
DEPLIANT_MYOPATHIE_ATYPIQUE-page-0031
 
 
Le dérèglement du climat joue-t-il un rôle dans cette expansion ?
Les phénomènes climatiques font que la nature évolue. Face à des situations de sécheresses récurrentes, de nombreuses données sont modifiées. L’hypoglycine A, la molécule qui est en cause, n’a jamais été recherchée dans les érables puisqu’il n’y avait pas de problème apparent jusqu’à 2003. Il est donc difficile de mesurer son évolution (…). Les paramètres sont nombreux, le phénomène complexe, il faut que les propriétaires et les vétérinaires soient en alerte, qu’ils transmettent les informations susceptibles de faire évoluer la recherche».
 
Erable sycomore
 
Depuis 2005, il existe un réseau d’alerte de la Myopathie Atypique qui s’appelle l’AMAG (Atypical Myopathy Alert Group). Initié et géré par l’Université de Liège en Belgique, il rassemble les chercheurs et vétérinaires européens confrontés à la maladie. Depuis l’apparition des premiers cas français en 2002, le RESPE participe également à la surveillance au niveau européen. Il est très important de déclarer chaque cas pour faire jouer la surveillance et permettre de mettre les équidés à l’abri.
 
DEPLIANT_MYOPATHIE_ATYPIQUE-page-010
 
Tout propriétaire ayant connu un cas est appelé à compléter un questionnaire. il existe également un lien spécifique dédié aux seuls vétérinaires.
 
IMG_4681
 
On peut agir préventivement en faisant circuler l’information, en permettant aux propriétaires d‘équidés de savoir identifier l’érable sycomore, en signalant des morts suspectes de cervidés et ruminants, en localisant et identifiant les arbres concernés dans les forêts et au sien des pâtures où se déroulent des opérations de débardage en traction animale, du transport, y compris de passagers, des animations et rassemblements équestres.
 
Les collectivités sont invitées à privilégier d’autres espèces arborées que l’érable sycomore pour leurs projets d’aménagements. On peut penser simplement à l’érable plane ou l’érable champêtre !
 
achilleMoietSalsa-mars-2020
 
Pour plus d’informations sur la myopathie atypique équine :
 
•Site la Faculté de Médecine vétérinaire de l’Université de Liège dédié à la maladie. http://labos.ulg.ac.be/myopathie-atypique/
•Webconférence réalisée par Madame la Docteure Marie-Dominique VOTION, octobre 2017 : Myopathie atypique -les outils du vétérinaire
 
•Le dépliant (PDF) diffusé par les Haras nationaux français
 
Article rédigé par Madame Anna MAILLARD, elle-même propriétaire d’ânes. (Téléphone: 06 33 97 26 99. Courriel: anna.p.maillard@gmail.com)
Print Friendly, PDF & Email

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *