Prophylaxie de la maladie de Lyme: lancement en France d’un plan national. Quelles contributions des forestiers ?


Le gouvernement français lance un « plan national » pour « améliorer » le diagnostic de la maladie de Lyme et la prise en charge des victimes.

Le gouvernement a dévoilé jeudi 29 septembre 2016 son plan national pour « améliorer » le diagnostic et la prise en charge de la maladie de Lyme, une pathologie émergente transmise par la tique et difficile à détecter dans ses formes tardives.

Ce plan comprend notamment le développement de nouveaux tests de diagnostic, une meilleure formation des médecins ou encore une information du public des dangers liés aux tiques.

Transmise via une morsure de tique infectée par une bactérie, cette maladie se guérit facilement lorsqu’elle est prise tôt mais est difficile à identifier dans ses formes tardives, car ses symptômes peuvent être nombreux et ne sont pas spécifiques de cette affection (maux de tête, rougeurs, douleurs articulaires, etc.).

Tique Ixodes ricinus

La maladie s’est développée ces dernières années parallèlement à la propagation des tiques, qui ont peu de prédateurs naturels, grâce à des conditions climatiques favorables.

Vers l’établissement d’une cartographie de la présence des tiques en France

Le premier axe du plan gouvernemental, annoncé avant l’été, vise à s’attaquer à cette prolifération, en dressant une cartographie de la présence des tiques en France, en développant une application mobile pour signaler les morsures de ces parasites, ou encore en évaluant l’efficacité des répulsifs existants.

Le plan prévoit également de « généraliser la surveillance épidémiologique », car aujourd’hui on ne connaît pas précisément la fréquence de la maladie dans la population française, mais aussi d’informer les promeneurs en forêt et de mieux former les professionnels de santé comme les médecins généralistes.

La prise en charge des patients sera uniformisée, avec la mise en place d’un protocole national de diagnostic et de soin et la désignation de centres spécialisés dans chaque région.

Les tests de diagnostic de la maladie, considérés comme peu fiables, seront évalués et l’Institut Pasteur est chargé d’en développer de nouveaux.

Quelque 27.000 nouveaux cas de borrélioses de Lyme sont officiellement déclarés chaque année en France, mais selon l’association de malades en colère Lyme sans frontières, ce chiffre serait en réalité bien supérieur, de l’ordre de « dix fois plus »

Les propositions de Forestiers du Monde® pour contribuer à ce plan national

En qualité de forestiers directement concernés par la maladie de Lyme car exposés au titre de nos activités associatives, nous avons été sensibles au cri d’alarme lancé par le Professeur Christian PERRONNE du département de médecine aigüe de l’hospital public Raymond Poincaré (Garches) relayé notamment par le Nouvel Obs (article Nouvel obs).
Nous partageons l’inquiétude de Professeur Christian PERRONNE et soutenons l’appel d’urgence de 100 médecins de mettre en place une politique nationale de prévention exceptionnelle qui ne se réduise pas à des alertes sur les périodes de danger, les zones infestées et la fourniture de tire-tiques.

Mobiliser les forestiers

Aussi, nous exposons ici notre proposition d’engager le premier gestionnaire d’espaces naturels en France, l’Office national des forêts, dans la contribution à la détection et à l’expansion de la maladie de Lyme. Rappelons ici qu’à la différence des citoyens qui se baladent en forêt selon leur bon vouloir, les gardes forestiers et ouvriers forestiers de l’Office national des forêts sont « tenus » d’exercer leur métier dans des zones dans lesquelles des tiques sont potentiellement porteuses de la borréliose de Lyme.

Les forestiers en première ligne doivent être les premiers à bénéficier des données sur les zones infestées

A ce jour, les gardes forestiers et les ouvriers forestiers de l’Office national des forêts sont les meilleurs « collecteurs » involontaires de tiques. Aussi, Forestiers du Monde® propose de mettre en place le dispositif suivant :
– Un garde forestier ou un ouvrier forestier découvre sur lui (sur son corps comme sur ces vêtements) une tique après sa journée de travail. Il ne sait pas si cette tique est infectée ou pas mais va se surveiller pour observer un éventuel érythème qui l’alertera alors sur des soins à mettre en place.
– L’agent collecte la tique et la place dans un petit tube et une enveloppe préaffranchie, fournis par l’ONF et destinés au laboratoire de recherche du Professeur PERRONNE ( ou tout autre laboratoire désigné par le Professeur) et conjointement soutenu par l’Etat et l’ONF pour analyser ladite tique.
– Une fois l’analyse effectuée par la laboratoire hospitalier, l’agent reçoit un courriel l’informant de l’éventuelle infection de ladite tique. A ce stade, il est donc ou bien rassuré ou invité à contacter son médecin référent pour engager une surveillance et un traitement.
– Le laboratoire peut alors fournir à l’ONF ainsi qu’à la France entière via Internet une cartographie en temps réel des tiques prélevées sur le corps ou les vêtements des personnels avec indication des dates, des massifs forestiers de « collecte » et des résultats des analyses.

Il suffirait de fournir aux agents ONF via leur réseau Santé et Sécurité au Travail des tubes et des enveloppes préaffranchies une fois le protocole négocié avec le laboratoire de recherche. Au final, l’agent est rassuré et l’Etat dispose d’une cartographie annuelle précise des massifs infestés et des éventuelles mesures de protection à mettre en place au profit de tous les citoyens.

Les réponses obtenues à cette proposition

  • Le 22 septembre 2016, Forestiers du Monde® adressait cette proposition à Mr le Professeur Christian PERRONNE, Chef du département de Médecine Aigüe Spécialisée de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, Site Raymond Poincaré à Garches. Nous communiquons ici le courrier du Professeur Christian PERRONNE en date du 27-octobre-2016, réponse très encourageante !
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